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FR Duel of Champions – Test Complet

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Dix jours de test hardcore pour finalement me faire un avis plus ou moins posé sur ce jeu. Je suis passé par des chauds et des froids, de l’émerveillement et des grognements. Bref, c’est une expérience sympa qui n’est pas terminée. Mais qu’est-ce-qui s’est passé du coup ?

Game 2014-01-22 20-07-50-55Je voulais enregistrer une partie de jeu sur Heroes of Might & Magic 5 pour un projet annexe. Quelques heures plus tard, déçu du résultat je vagabonde sur la toile et puis finalement sur steam où j’aperçois le jeu. Mon caractère de connard m’avait détourné du jeu de carte pc, mais j’avais envie de goûter un peu plus à l’univers Might & Magic qui m’a accompagné de nombreuses années. Et puis qu’est-ce-que ça coûte, une trentaine de minutes ? Ce sera rigolo et vu que je m’attends au pire, je ne peux pas tomber plus bas. Je l’installe, 2 minutes chrono pour 500 Mo.

BIM ! La musique du jeu démarre. Les musiques M&M ont toujours été des perles (composées par Paul Romero) et celle-ci est prenante. Ce sont les tambours de guerre qui résonnent,  les régiments qui se déploient sur la terre poussiéreuse d’un no man’s land. Anges et Démons partent en campagne militaire et s’affronteront pour décider du sort du monde. Aaaah, ça fait du bien… et merde, Uplay…

Bon, tout gamer qui se respecte touche aux options avant de commencer un jeu. Elles sont inexistantes, deux ou trois qui se battent en duel. Rien de très grave car le jeu n’en nécessite pas vraiment. Le jeu me propose de choisir entre les trois factions qui étaient disponibles lors de la sortie du jeu : Havre, Inferno et Nécropole. Trois de plus sont disponibles par la suite : Bastion (<3), Academy et Sanctuaire. Parmis les trois choix proposés je me lance sur Havre pour me voir gratifier d’un deck de base jouable. Je ne sais pas trop ce que j’ai en main mais le jeu me guide vers la campagne solo player de toute façon.

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La campagne est légèrement scénarisée, rien de trop lourd, juste ce qu’il faut pour créer un petit peu d’immersion. Le jeu me laisse jouer tout de suite. Les premières missions sont très simples, le jeu m’explique les bases rudimentaires du jeu. Puis, arrivé à la moitié de la campagne, les missions deviennent un peu plus sérieuses. Le but de la manoeuvre n’est plus d’apprendre à jouer mais de tuer son adversaire qui nous fera de moins en moins de cadeaux. J’ai finalement torché la campagne en une petite heure maximum durant laquelle j’ai appris tout ce que j’avais à savoir pour commencer à jouer (ou du moins c’est ce que je pensais). Certains amis ont eu un peu plus de mal sur les trois dernières missions qui sont effectivement plutôt corsées si la main est mauvaise, surtout que les cartes qu’on vous donne au début ne sont vraiment pas bonnes du tout (le jeu a été patché depuis, à priori, pour améliorer ça). Une petite note, soit dit en passant, le jeu oblige à faire une ou deux parties contre de vrais joueurs avant de pouvoir terminer la dernière campagne (trois segments composés de quatre missions).

Un jeu de carte a forcément une boutique in-game pour développer sa collection. Ca tombe bien parce que la campagne m’a donné un nombre hallucinant de monnaies (golds et seals). En fait, ils donnent de quoi acheter près de 200 cartes directement, sans compter les codes promotionnels qui donnent des packs de cartes et des golds et les achievements dont certains regorgent de merveilles à la clé. Moi j’veux Bastion, composé d’orcs, de gobelins et de centaures ; le tout sur un thème sauvage en rapport avec la nature et doté d’un sens de l’honneur martial (et oui le bastion d’Homm6 a bien changé la donne). Du coup, j’achète la boîte qui me donne un deck complet bastion avec mes golds (bien que je sache aujourd’hui que ce n’était pas si utile que ça, mais ça aide énormement au début). J’ai eu le choix entre toutes les factions et j’aurais pu commencer avec n’importe laquelle. Bon, ce n’était que mes golds. Maintenant, il me reste mes seals et je ne sais absolument pas comment les dépenser. Heureusement, Internet a toutes les réponses : je tombe sur un petit guide graphique pour savoir quoi acheter et, ayant un peu d’expérience, je sais que le mec avait raison à un ou deux détails près : les achats dépendent également de la faction choisie (je rajoute des liens à la fin au cas où tu serais tenté). Je pars donc sur le pack nommé la “box”. Le jeu est divisé en 4 extensions, plus le jeu de base. Cette box m’apporte des cartes de base et c’est bien utile, 50% du corps d’une armée bastion se trouve dans le deck de base (et c’est aussi le cas pour Nécropole et Inferno).

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Avant de constituer un deck, tu choisis un héros pour diriger ton armée. Ils ont des capacités spéciales et des écoles de magie qui vont définir le type de cartes que tu peux insérer dans ton jeu. J’ai accès à quelques jokers(une monnaie qui permet d’acheter directement une carte désirée, n’importe laquelle et c’est génial !) et je choisis donc de prendre un héros bien que cela n’a rien de nécessaire. Je prends Kelthor, qui semble manipuler la mécanique de rage des créatures Bastion. Je compose mon deck pour être proche de 59 cartes (histoire de jouer sur les probabilités) avec leur interface horrible qui fait mal aux yeux et je plains ceux qui n’ont plus la vue perçante de leur jeunesse. Good to go !

Attends, attends, attends. Je fais du chantage affectif à Lastivka pour qu’il me rejoigne sur le jeu d’abord. Ok, maintenant, on est bon. Je lance une partie contre l’IA, histoire d’avoir un feeling sur mes nouvelles cartes qui sont bien séduisantes d’ailleurs (dans le sens grotesque, bourrin et sauvage du terme, n’y vois aucune déviance) et me voilà près pour le mode Duel du jeu (des parties ranked). La montée en rating est très rapide et j’apprends que le jeu est divisé en tiers de côte : 500+, 1000+, 1500+. Ces tiers définissent plus ou moins votre niveau. Le niveau top player est aux alentours des 1600. J’atteinss les 1000 le lendemain dans une ambiance de bonne humeur. Faut savoir une chose, c’est qu’atteindre les 1000 avec des cartes minables, c’est facile mais, qu’au delà, on rigole déjà beaucoup moins.

Sans m’en rendre compte, j’ai déjà passé deux jours dessus et je me suis bien amusé (à croire qu’on peut me servir du Might & Magic à toutes les sauces). Le chaud, suivi par le froid. Je ne rage jamais contre mes potes, mais énormément sur les jeux et contre moi-même. Et ça n’a pas loupé. Ma première dose de rage s’est développée suite à un core concept du jeu : plusieurs fois dans une partie ton board va wipe. J’entends par là que des gros spells en AoE vont raser toutes tes créatures. Tout ce temps de réflexion tactique, ces calculs mathématiques, cet effort stratégique, réduit à néant par un joueur qui doit ressembler à simple jack IRL. C’est énervant et j’ai eu ma dose de folie. Avec un peu d’expérience j’ai finalement appris à jouer avec et à l’accepter. Même si je n’aime pas nécessairement ça, la magie a malheureusement toujours joué un rôle décisif dans la série Might & Magic, bien plus que les créatures. Les cartes aident énormément et ce problème se règle en partie une fois que tu récupères les bonnes cartes.

Sans titre6Ce n’était pas fini ceci dit. Si un mec pas clair dans sa tête a créé la magie destructive, son pote efféminé a créé la magie de contrôle. Ca n’a pas loupé et, plusieurs parties de suite, je me suis retrouvé à jouer contre des decks composés de très peu de créatures mais avec des cartes qui prennent le contrôle des miennes, d’autres cartes qui rendent mes créatures inutiles ou tout simplement des cartes qui me font tourner en bourrique alors que tout ce que je demande c’est un combat à la loyal entre hommes dotés d’une morale saine et constructive. Une autre dose de rage qui a mis un peu plus de temps à s’estomper. Les cartes pour contrer ce genre de jeu sont plutôt rares, souvent chères et certainement pas simples à récupérer. Mais c’est possible, alors sans un apport journalier matin, midi et soir de malchance, on peut gérer ce genre de situation. Il n’empêche que ce n’est pas intéressant du tout. Si tu veux, j’ai l’habitude, après avoir côtoyer des développeurs, de m’attendre à une bande de branquignols qui n’ont aucune idée de ce qu’ils font. Faut savoir qu’un dev un jour m’a dit “mais j’ai fais une école de balance (équilibrage), je sais ce que je fais”. Certains ne manquent pas de pudeur… ou de stupidité, va savoir.

Enfin bref, je me retrouve avec deux des trois problèmes réglés. Et oui, il y a pire que les mécaniques citées plus haut. Au final, l’une était prévisible, comme dans tous les jeux et ce n’est toujours qu’une question de temps avant de l’accepter ; l’autre est un peu excessive mais, si on me donne les outils pour botter les fesses de ces joueurs au moins de temps en temps, je suis prêt à fermer les yeux. La dernière est probablement, et sans déconner, l’une des top 3 erreurs de game design dont j’ai pu faire l’expérience. Ces decks portent le nom d’OTK (one turn kill ou tuer en un tour). Bien que certains OTKs sont absolument respectables et demandent un minimum de stratégie, celui dont je veux parler est réservé à des exxxxxxxx xx mxxxxxx.

Voilà à quoi ressemble la séquence tour par tour : Tu places des créatures, encore créatures, tu ne joues pas, ton adversaire te lock/lock/encore lock, tes créatures reviennent dans ta main et ton adversaire se soigne de tous les dégâts faits à son héros. Note que tu n’as pas encore pu commencer à jouer, tu ne peux pas poser de créatures à cause d’un lock. Ton adversaire te fait des dégâts avec des créatures qui tapent tout de suite (des créatures suicidaires), la même/ la même, ou alors tu meurs à cause d’une carte qui fait des dégâts si tu en as trop dans ta main. Ce qui est le cas.

Game 2014-01-22 20-07-53-67Il existe une seule carte dans le jeu (qui n’est viable dans aucun autre matchup) qui permet d’avoir une infime chance de contrer cette stratégie. Dix minutes de temps de perdu à ne rien faire chaque fois qu’on rencontre ce build. Un jeu de cartes est souvent proche d’un pierre-feuille-ciseau, même si c’est un peu pauvre comme concept. Tant qu’il existe une pierre pour le ciseau adverse, on peut toujours trouver de quoi faire. Pire, même si on est sûr de perdre, l’important c’est le combat. Le chemin est toujours plus important que le but. Un bon combat à la loyal où chacun a versé du sang est toujours une expérience intéressante. Là, on se retrouve avec un problème de chromosomes. Et c’est bien dommage. J’ai rigolé un bon coup lorsque j’ai vu les arguments des gens qui défendent ces builds. Je vous assure que le mot “argument” est très mal choisi ici. Donc : pas d’intérêt à jouer, pas de contre, un mauvais moment à passer et une défaite. Intéressant, non ? Encore une expérience qui renforce l’opinion que j’ai des développeurs de jeux vidéos en général.

Aux alentours du 8ème jour de jeu, à part ce problème d’OTK qui gâche une partie sur six, mon premier deck est finalisé. J’ai compris que l’important c’est de terminer au moins un deck, de faire en sorte qu’il contienne les cartes majeures et au moins 90% des outils qui forment un build bien ficelé. Une fois que c’est fait, tu auras les outils pour affronter tous les decks rencontrés. Certains seront plus durs que d’autres à battre mais, dans la plupart des cas, tu sais qu’avec une bonne main tu as toujours une chance de t’en sortir ou au moins de t’amuser. Et c’est ce qui se passe toujours encore, je m’amuse bien. Je monte en rating et je gagne des tournois swiss. Mon but est désormais de construire un second deck compétitif, probablement basé sur le héros Zardoc qui est une véritable bête en endgame.

Game 2014-01-22 20-07-41-67Dès les premiers jours, on reconnait la densité de Duel of Champions avec un nombre de cartes vraiment respectable (presque 700 au total) et je le maintiens. Malgré tout, un petit coup de gueule aux cartes inutiles dans ce jeu. Elles sont nombreuses, mine de rien et, d’un build à l’autre, on retrouve souvent les mêmes créatures et sorts. Les artwork des cartes sont superbes, il y en a pour tous les goûts avec des dessins magnifiques. L’univers d’HoMM6 est presque toujours respecté à quelques exceptions près qui ne sont pas bien graves. Aucune faction n’est laissée derrière, elles sont toutes jouables et absolument viables.

Avant de te laisser là, il faut quand même que je mette un mot sur la boutique et l’accès aux cartes. Il est vrai que le jeu ne nécessite pas un seul sou pour accéder à tes souhaits. Quelque soit la carte, tu peux la récupérer à condition de farmer suffisamment de boîtes/jokers. N’empêche, on ne me fera pas mentir, c’est sacrément long de finaliser un premier deck sans mettre un seul sou dans le jeu. Avec environ 30 euros et un peu plus d’une semaine de jeu, j’ai pu terminer mon deck. J’ai joué beaucoup mais pas 12 heures par jour non plus. Compte trois semaines de jeu très régulier pour terminer un premier deck. Le problème c’est que trois semaines avec un deck instable, c’est un peu long.

Voilà, à part les quelques détails négatifs mentionnés, je peux dire que je suis carrément content d’y avoir fait un tour. Le jeu restera installé un petit moment. Si on est pas allergique aux jeux de cartes et que l’on a pris note des quelques erreurs présentes dans le jeu, je le conseille à tout le monde. C’est plutôt rapide, pas stressant du tout. Tout le monde peut y jouer, même le plus sombre des imbéciles, alors faut pas avoir peur de ramener tous ses potes dessus. Le jeu est dense et, si on aime, on accrochera un bon mois dessus au grand minimum. Même si ce n’est pas obligatoire, je conseille d’y aller avec quelques sous dans la tirelire (20-40 euros) histoire d’accélerer un peu l’arrivée de la partie fun.

Chronique réalisé par Fredzw – http://www.duelofchampions.com/fr/index.aspx

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